proprement, calmement, abattre les pauvres garçons
les vins dont chaque gorgée vaut un salaire horaire
l’alouette vieillissante
les mains comme ça, en carré, délimiter sur le papier l’ici et l’ailleurs
l’ici : gagne et mérite, récite, aligne, dors
l’ailleurs : pars et palpite, délite, constelle, cours
écarte, agite en riant,
souviens à la caresse
comme communication
la plus intelligente
- Bonne nuit Princesse.
- Bonne nuit Princesse.
- Yes, because your ego may force you to be with people that only tell you good things about you.
- And about how much you worth.
- But the point isn't to feed your narcissism.
un tournoiement minuscule s’est épuisé ce soir
il est venu au sol dans un rebond confus
comme une braise, il gît là, s’éteignant
à sa naissance, il enjambait des montagnes
dans des apnées immenses
les yeux froncés, il décrivait des cercles et regardait son centre
il y avait dans sa lenteur quelque chose de céleste
rien ne bouge alentour
il n’y a qu’un tremblement
je ne distingue plus les formes
l’univers étouffe tout écho
je crains qu’aucun retour ne soit possible
un scintillement survient : il ne s’agit que de l’aube
les gagner d’évanescence
m’étourdis
m’alourdis
m’éparpille
Maman
monsieur
méchant
mauvais
mourir
gagner ma vie, assembler chaque heure, caresser le sens du poil, chacun son tour, ne me pousse pas dans le vide ou je CRIE
ou je CRIE va-t’en, je CRIE
ça déborde sous ma tête
j’hulule à perdre haleine
et je crie TA GUEULE
je déborderais dans tous les sens, je ne vois rien, je retourne les pavés en paluches, ça m’aggripe je tape du pied
rien ne sort qu’un son sourd
je grognerais, il faut lever menton vers ciel
HURLER
partir pars pars laisse va
ouvre et sors
transforme le tremblement rends-le MONSTRUEUX
écraser frénétiquement tout, chaque instant
il est temps il est temps il n’est pas trop tard il est temps
mourrez, ne survenez plus
vous en êtes conjurés
cela est loin d’être drôle
calmons-nous
là, là
calmons-nous, ne pleure plus
je t’ai dit ne m’oblige pas à répéter étouffe ton tremblement cache tes brûlures de froid aux pieds
étouffle lombric, étouffe
laisser poindre un devenir
au bout de nuits pressantes
cajoler l’envie neuve
déambuler parmi des mots
accumulés au cours du temps
détricoter les principes droits
alignés au fil des mois
harasser l’hiver
le voir s’étendre
désormais soumis
en butte au temps qui passe
caler mon dos contre tes mots
me retourner
prendre ta main
lâcher des rires en abondance
imposer en chance
